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AMSE - Illustration company job

Ces entreprises où l’organisation vaut mieux que le salaire

Pourquoi les salariés des entreprises sociales et solidaires se déclarent-ils plus satisfaits de leur travail alors qu’ils sont souvent moins bien payés et ont moins d’avantages que dans le reste du privé ? 

Temps de lecture : 3 minutes

Moins rémunérés et plus précaires, les salariés de l’économie sociale et solidaire (ESS) seraient en moyenne 4,2 points plus satisfaits de leur travail que leurs homologues du privé “classique”. C’est ce que révèlent les chiffres de l’enquête Reponse, (Relations professionnelles et négociations d’entreprise), menée en 2011 auprès de plus de 11 000 salariés et 4 000 établissements. L’argent ne fait donc pas tout.

La question du sens au travail a pris une ampleur considérable ces deux dernières décennies. Dès 2013,  l’anthropologue américain David Graeber faisait entrer l’expression anglo-saxonne de “bullshit jobs” dans le vocabulaire courant1, ces “boulots à la con”, vides de sens et sans but.

Les Français sont loin d’être tous affairés à l’un de ces “bullshit jobs”. Selon un sondage Opinion Way pour l’Anact publié en 2022 à l’occasion de la Semaine pour la qualité de vie au travail, 84 % des travailleurs estiment aujourd’hui que leur activité a du sens. Ils sont néanmoins 32 % à aspirer à des pratiques managériales plus en accord avec leurs valeurs.

À l’heure où la qualité de vie au travail devient une priorité sociétale, comprendre ce qui rend un emploi plus satisfaisant au-delà du salaire est crucial. C’est aussi un enjeu stratégique : les entreprises, sociales ou non, peuvent y trouver des leviers précieux pour recruter et fidéliser leurs équipes. 

À propos

Dialogues économiques est une revue numérique de diffusion des connaissances éditée par Aix-Marseille School of Economics (AMU, CNRS, EHESS, Centrale Méditerranée) Passerelle entre recherche académique et société, Dialogues économiques donne les clefs du raisonnement économique à tous les citoyens. Des articles sont publiés tous les quinze jours.

Le bonheur au travail, une affaire d’organisation

Les chercheurs en économie Xavier Joutard, Francesca Petrella et Nadine Richez-Battesti se sont penchés sur ce paradoxe : comment expliquer la plus grande satisfaction des travailleurs de l’ESS ? À partir des données de plus de 11 000 salariés français, ils montrent que cette différence ne relève pas tant de valeurs abstraites que de pratiques organisationnelles concrètes : plus d’autonomie, un meilleur accès à l’information et davantage de reconnaissance. En somme, le bonheur au travail serait moins une affaire d’idéologie qu’une question d’organisation. 

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Joutard
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Journaliste scientifique