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La technologie peut-elle limiter le changement climatique ?

Alors que la “neutralité carbone” est au centre des conférences internationales pour le climat, une équipe d’économistes étudie les scénarios qui permettraient de l’atteindre.     

Temps de lecture : 3 minutes

En 2015, 196 parties prenantes se sont engagées lors de l’Accord de Paris à lutter contre le réchauffement climatique. Deux objectifs de neutralité carbone y ont été définis : émissions nettes de CO2 nulles, et une augmentation de la température moyenne mondiale inférieure à 2 °C d’ici à 2100 par rapport à l’ère préindustrielle.

En 2023, la température moyenne annuelle mondiale a augmenté de 1,2 °C et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit une augmentation possible jusqu’à 5 °C à l’horizon 2100. Un scénario catastrophe pour la planète et ses habitants. Selon le GIEC, pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, nous devons diminuer les émissions dès aujourd’hui et les réduire de près de 43 % d’ici à 2030.

Dans leur étude « How Can Technology Significantly Contribute to Climate Change Mitigation? » parue en juillet 2023 dans le journal Applied Economics, les chercheurs Claire Alestra, Gilbert Cette, Valérie Chouard et Rémy Lecat, ont étudié les paramètres qui permettraient d’atteindre ces objectifs.  

À propos

Dialogues économiques est une revue numérique de diffusion des connaissances éditée par Aix-Marseille School of Economics (AMU, CNRS, EHESS, Centrale Méditerranée) Passerelle entre recherche académique et société, Dialogues économiques donne les clefs du raisonnement économique à tous les citoyens. Des articles sont publiés tous les quinze jours.

En s’appuyant sur l’outil de simulation de scénario qu’ils ont construit (Advanced Climate Change Long-term model ou "ACCL"), ils obtiennent des résultats qui encouragent la mise en place d’ambitieuses politiques environnementales.

Les résultats de leur étude concluent notamment que pour atteindre les objectifs climatiques du GIEC, il faudrait immédiatement activer quatre leviers partout dans le monde : la mise en place d’une taxe carbone sur les énergies « sales » (charbon, pétrole, gaz et électricité émettrice de CO2), et le développement de technologies vertes qui permettrait la réduction de consommation d’énergie, la capture du CO2 et le développement d’énergies renouvelables. Un scénario à nuancer puisqu’en pratique, la combinaison de ces quatre outils dépend des ressources et des contextes de chaque pays. 

Combiner la taxation carbone avec le développement de technologies vertes

L’outil de simulation ACCL permet d’étudier la relation entre le Produit Intérieur Brut (PIB) et ses différentes composantes économiques, la consommation d’énergie (émettrice ou non) et les variables liées au climat (émissions et stock de CO2, hausse des températures et dommages). Ainsi, il peut simuler des mesures de politique climatique comme l’augmentation du prix des énergies fossiles avec une taxe carbone ou la diminution du prix des énergies « propres » en encourageant l’innovation avec des subventions.

Une précédente étude des mêmes auteurs avait montré que si les pays continuaient sans changement, un scénario appelé « business as usual », la température s’élèverait de + 5 °C à l’horizon 2100, avec des dommages climatiques considérables. Des résultats probablement optimistes, car ils ne prennent pas en compte l’ensemble des conséquences possibles telles que l’aggravation d’événements climatiques extrêmes, comme les inondations et les cyclones, ou des effets d’emballement climatique avec l’atteinte de « points de non-retour » irréversibles comme la fonte du sol arctique libérant des quantités considérables de gaz à effet de serre. 

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Alestra
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Clara
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Auteur scientifique, Aix-Marseille Université, AMSE.
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Cette
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Gilbert
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Auteur scientifique, NEOMA Business School
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Bourlet
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Sophie
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Journaliste scientifique
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Chouard
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Valérie
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Auteur scientifique, Banque de France
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Lecat
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Rémy
Fonction
Fonction
Auteur scientifique, Banque de France