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Hydrogène

L’hydrogène, énergie d’avenir ?

Identifiée comme l'une des énergies capables de décarboner les industries à forte émissions, l'hydrogène représente l’espoir d'atteindre une transition énergétique viable. Peut-on vraiment qualifier l'hydrogène d'énergie d'avenir ? La réponse avec Audrey Soric, professeure des universités en génie des procédés et bioprocédés.

Temps de lecture : 3 minutes

Fanny Trifilieff : Pourquoi qualifie-t-on l'hydrogène de "vecteur énergétique" et non pas de "source d'énergie" ?

Audrey Soric : Une source d’énergie existe telle quelle à l’état naturel comme le pétrole, l’énergie solaire ou l’éolien. Un vecteur énergétique est quant à lui un transporteur d’énergie, produit à partir des sources d’énergie. L’hydrogène (H2) est parfois qualifié à tort de source d’énergie. Il n’est pas disponible à l’état naturel, mais peut être produit à partir de gaz naturel, de l’électrolyse de l’eau ou de la biomasse.

F.T : L’hydrogène peut-il être produit de façon durable ?

A.S : Historiquement, l’hydrogène était produit à partir de gaz naturel et de pétrole. Dans un but écologique, afin de décarboner l’industrie et les sources de production de vecteurs énergétiques comme l’hydrogène, d’autres procédés sont en cours de développement. On parle beaucoup de l’électrolyse de l’eau, qui sépare la molécule H2O en hydrogène et oxygène, mais l’hydrogène peut également être produit via la biomasse. Il existe des espèces bactériennes qui ont la capacité de transformer les matières organiques carbonées en hydrogène et CO2 dans des conditions particulières. Les eaux usées et déchets contiennent une forte concentration de ces molécules organiques carbonées. Celles-ci peuvent servir de nutriments aux bactéries, qui en retour produisent de l’hydrogène. Cette façon de convertir la biomasse en hydrogène a un rendement moins intéressant que celui obtenu à partir des énergies fossiles, mais elle entre dans une démarche d’économie circulaire et de développement durable. Dans le cadre de la protection de l’environnement, ces déchets et eaux usées sont déjà traités via des processus biologiques. En modifiant le procédé biologique, cela pourrait faire d’une pierre deux coups : l’utilisation de bactéries permettraient de produire de l’hydrogène, tout en traitant les déchets et eaux usées.

F.T : Quelles sont les applications possibles de l’hydrogène ?

A.S : L’une des utilisations connues du grand public est le transport. L’hydrogène peut être utilisé comme carburant à combustion directe grâce à sa grande capacité énergétique. Il peut également être utilisé pour alimenter les piles à combustible et agir en vecteur énergétique qui serait ensuite transformé en électricité, toujours dans le cadre du transport. Mais l’hydrogène est aussi une matière première très utilisée dans l’industrie. Sa production, sous forme H2, à des fins industrielles se fait essentiellement à partir de ressources fossiles. Il y a donc un double enjeu : développer la production d’hydrogène dans le cadre du transport, mais aussi remplacer la production fossile pour les besoins industriels. Une possibilité serait d’utiliser les eaux usées et déchets produits sur les sites industriels pour en tirer de l’hydrogène, qui serait ensuite réinjecté dans le processus industriel dans le cadre d’une démarche d’économie circulaire. Cela pourrait aboutir par exemple à des stations d’épuration qui, au lieu d’être consommatrices d’énergie, en seraient productrices sous forme d’hydrogène.

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Nom
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Soric
Prénom
Audrey
Fonction
Fonction
Professeure des universités en Génie des procédés et bioprocédés – Laboratoire de Mécanique, Modélisation et Procédés Propres (M2P2, AMU/CNRS/Centrale), équipe « Traitement des Eaux et Déchets »