Depuis 2017, la Convention de Minamata sur le mercure mène des politiques de réduction des émissions de mercure. Celles-ci devraient avoir un impact direct sur le mercure dans les océans et dans nos assiettes. Une étude menée par des scientifiques de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO, CNRS/Aix-Marseille Université/IRD/Université de Toulon) apporte un nouvel éclairage sur ce sujet.
Le mercure transporté par les pluies, différent du mercure gazeux
La principale exposition de l’Homme au mercure, un gaz polluant émis lors de la combustion du charbon, provient de la consommation de poissons et peut entraîner de graves conséquences sur la santé. Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que le mercure présent dans l’océan provenait essentiellement des pluies. Or, cette étude montre que les eaux de pluie ne sont en réalité responsables que d’environ 50% de cette forme de pollution. Les travaux menés par une équipe internationale impliquant des scientifiques de l’Institut méditerranéen d’océanologie démontrent que le reste de la pollution correspond à l’absorption directe du mercure gazeux par l’océan. Il est également suggéré que les océans reçoivent moins de mercure atmosphérique qu’estimé auparavant. Mais, ce n’est pas pour autant que la contamination des poissons diminue...
Publication parue le 29 septembre 2021 dans Nature.
Article initialement publié dans la Lettre d’AMU de septembre 2021.
Référence : Jiskra, M., Heimbürger-Boavida, LE., Desgranges, MM. et al. Mercury stable isotopes constrain atmospheric sources to the ocean. Nature597, 678–682 (2021).