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MIO_Mercure_hydrothermal

Mercure hydrothermal : l’histoire naturelle d’un contaminant

Une équipe internationale de chercheurs, coordonnée par Lars-Eric Heimbürger-Boavida de l’Institut Méditerranéen d’Océanologie, a établi la première estimation mondiale des émissions hydrothermales de mercure provenant des dorsales médio-océaniques.

Temps de lecture : 3 minutes

Ce qu'il faut retenir :

  • Pour la première fois, les scientifiques ont pu estimer le flux hydrothermal de mercure, la seule source naturelle du mercure vers l’océan. Celui-ci est minime face au mercure émis par les activités anthropiques. 
  • Au contraire des études précédentes, la nouvelle étude montre que la quasi-totalité du mercure dans l’océan est d’origine anthropique. 
  • La diminution des émissions anthropiques dans le cadre de la Convention de Minamata peut donc effectivement diminuer la quantité du mercure dans l’océan, et ainsi, réduire l'exposition humaine au mercure toxique par la consommation des poissons marins.

Exposition au mercure par consommation de poissons

La Convention de Minamata de l’Organisation des Nations Unies sur le mercure, adoptée en 2017, vise à réduire l'exposition humaine au mercure toxique par la diminution des émissions anthropiques, c’est-à-dire les émissions produites par l’activité humaine. Il se trouve que la population y est principalement exposée par le biais des océans lors de la consommation de poissons qui bioaccumulent le mercure.

Mercure anthropique vs mercure naturel

Le paradigme actuel consiste à avancer que les émissions anthropiques de mercure (actuellement 3 100 t an-1) sont à l’origine d’une augmentation de 21% du réservoir océanique mondial de mercure. Cette estimation est erronée, car la quantité de mercure naturel résidait dans l’océan avant le début des émissions anthropiques n’est pas connue. Il est également impossible de quantifier l’impact des émissions anthropiques sur les niveaux de mercure bioaccumulés par les poissons. 
L’hydrothermalisme est la seule source directe de mercure naturel vers l’océan. Des études antérieures, basées uniquement sur les mesures des fluides hydrothermaux, suggéraient que les apports du mercure hydrothermal pourraient se situer entre 20 et 2 000 t an-1.

Un flux hydrothermal faible

Dans le cadre de cette nouvelle étude, les scientifiques ont utilisé, en plus des mesures de fluides, des mesures de panaches hydrothermaux, d’eaux de mer et de carottes de roches provenant de la source hydrothermale Trans-Atlantic Geotraverse (TAG) sur la dorsale médio-atlantique. La combination des différentes observations suggère que la majorité du mercure, enrichi dans les fluides, serait diluée dans l'eau de mer et qu'une petite fraction précipiterait localement. Une extrapolation des résultats montre que le flux hydrothermal global de mercure provenant des dorsales médio-océaniques est faible (1,5 à 65 t an-1) par rapport aux émissions anthropiques de mercure. 

Objectif : réduire les émissions anthropiques

Bien que l’étude montre que la majeure partie du mercure, présent dans l'océan, est d'origine anthropique, cela laisse donc place à l’espoir que la mise en œuvre stricte des réductions d'émissions dans le cadre de la Convention de Minamata réduira les niveaux de mercure à la fois chez les poissons marins et chez l’Homme.
 

Cet article est disponible en libre accès. Il est donc téléchargeable en version intégrale. 

 

Ce projet a été soutenu par le projet HydrOThermal Mercure de l'Agence nationale de financement française (ANR-21-CE34-0026, PI Lars-Eric Heimbürger-Boavida) et le programme de recherche et d'innovation Horizon 2020 de l'Union européenne dans le cadre de la Marie Skłodowska-Curie GMOS-Train, numéro de convention de subvention 860497.

Contact à ajouter
Nom
Nom
Heimbürger-Boavida
Prénom
Lars-Eric
Fonction
Fonction
Chercheur CNRS
Structure
Institut Méditerranéen d'Océanologie - MIO
Informations complémentaires